Chafouin – Toufoulcan – VINYL LP

10.00

Release : 2021

3 in stock

Description

FR : ‘The Ex en Provence’. Voici comment Chafouin définissait son style par l’intermédiaire d’une de ses compositions sorties il y a trois ans. Avant de tomber par hasard sur ce titre, qui est aussi un amusant ‘elevator pitch’ (comme disent les ricains), on en était réduit à se prendre la tête entre quatre mains pour trouver les étiquettes les plus aptes à décrire le joli foutoir qui surgit aujourd’hui de Toufoulcan, tout dernier album de ce side-project lancé par le guitariste de Marilyn Rambo. Math-rock ? Post-noise ? Post-math-rock-disco-zouk-noise ? Post-chanson française hypnotique, electro et saturée ? Post-rock ? Post-post rock ? (rigolez pas, c’est le titre d’un des morceaux du disque !) On remerciera donc Chafouin de nous mâcher le travail avec cette ancienne description ci-dessus, à laquelle on pourrait rajouter le terme très pointu que ce ‘quartet à géométrie variable’ utilise également pour se présenter, à savoir… ‘une sorte de rock’. Dans les deux cas, c’est à la fois drôle et sérieux, dilettante mais juste, ironique et pourtant totalement sincère. Tout comme la musique de Chafouin elle-même.

Car si l’ambiance de Toufoulcan, ainsi que l’humour de ses paroles jetées sur une bonne moitié des titres, se prêtent bien évidemment à la fiesta DIY telle qu’une certaine scène typiquement française en raffole, le disque n’en reste pas moins dans la lignée hautement convaincante de ses prédécesseurs. Oui, ma bonne dame, tout fout certes le camp, mais on peut encore se faire plaisir aujourd’hui sans renoncer à une certaine exigence. Qu’elle soit nerveuse ou relâchée, sombre ou plus enlevée, l’instrumentation de Chafouin est en effet toujours dans la dynamique adéquate au morceau, avec une attirance particulière pour les montées inopinées d’un demi-ton et les changements de gamme, comme sur Piano Assi et Dire Ouf. Cette ambiguïté harmonique, qui donne l’impression de se tenir en permanence en équilibre sur un fil, capte de fait l’attention et permet au caractère répétitif des tournes de gratte de ne jamais être totalement prévisible. En bref, l’écriture est bien plus chiadée qu’elle n’y paraît lors d’une première écoute.

On retrouve également cette tension dans les textes du groupe, à prendre au premier ou au second degré. L’existentialisme est-il un humanisme ? Pandémie et ‘petits problèmes’ peuvent-ils faire bon ménage ? Est-on ridicule quand on fait la nouba façon Bézu sur du rock underground ? Derrière le ton enjôleur de façade, Chafouin se permet même parfois d’appuyer là où ça fait mal, comme dans En Silence, pièce centrale de ce disque où on est prié de finir ses derniers jours sans faire trop de vagues. Les résidents d’EHPAD apprécieront, surtout en ce moment… Le rire est donc ici aussi jaune que les basses sont saturées, les guitares tortueuses, et les touches de clavier abrasives. Sous la plage de la pochette, les pavés. Voire même les parpaings.

Dans la catégorie what-the-fuck?, Toufoulcan devrait ainsi rester durablement dans les mémoires grâce à un art du zig zag qui permet de réconcilier rock instrumental et chanson, Shellac et Philippe Katherine, Slint et les Little Rabbits (voire même Blur et Patrick Sébastien sur La Foire d’empoigne ?), le tout sans jamais avoir besoin de se justifier ou rougir. Ce faisant, Chafouin s’affirme comme un groupe incontournable de cette scène hexagonale d’expression francophone adepte de télescopages goguenards et de bricolages stylistiques en tous genres, de Tu Brüles Mon Esprit à Francky Goes To Pointe-à-Pitre, en passant par les plus franchement rock’n’roll Marilyn Rambo, bien évidemment. Mais au-delà de cette large scène, on se rend surtout compte que tout le potentiel du projet était en fait déjà résumé dans son seul nom. Car selon les régions de France où l’on se trouve, personne n’a jamais vraiment su avec certitude si le terme ‘chafouin’ renvoie à la tristesse ou à la drôlerie sarcastique. Toufoulcan n’ira pas résoudre ce mystère. Il l’épaissit même, pour le plus grand plaisir de nos oreilles.

Mowno.com

ENGL : The Ex in Provence’. This is how Chafouin defined his style through one of his compositions released three years ago. Before stumbling upon this title, which is also an amusing ‘elevator pitch’ (as the Americans say), we were reduced to trying to find the most appropriate labels to describe the pretty mess that emerges today from Toufoulcan, the latest album of this side-project launched by the guitarist of Marilyn Rambo. Math-rock ? Post-noise ? Post-math-rock-disco-zouk-noise ? Hypnotic, electro and saturated French post-song ? Post-rock ? Post-post rock ? (don’t laugh, it’s the title of one of the tracks of the record!) So we’ll thank Chafouin for making our work easier with this old description above, to which we could add the very precise term that this ‘variable geometry quartet’ also uses to present itself, namely… ‘a kind of rock’. In both cases, it is both funny and serious, dilettante but fair, ironic and yet totally sincere. Just like the music of Chafouin itself.

Because if the atmosphere of Toufoulcan, as well as the humor of its lyrics thrown on a good half of the tracks, obviously lends itself to the DIY fiesta such as a certain typically French scene is fond of, the record remains in the highly convincing lineage of its predecessors. Yes, my good lady, everything is certainly screwed up, but we can still have fun today without giving up a certain requirement. Whether it is nervous or relaxed, dark or lively, Chafouin’s instrumentation is always in the right dynamics for the piece, with a particular attraction for unexpected semitone rises and scale changes, as on Piano Assi and Dire Ouf. This harmonic ambiguity, which gives the impression of constantly balancing on a wire, actually captures the attention and allows the repetitive character of the turns of the scratch to never be totally predictable. In short, the writing is much more polished than it seems at first listening.

One also finds this tension in the texts of the group, to be taken in the first or second degree. Is existentialism a humanism? Can pandemic and ‘small problems’ go together? Is one ridiculous when one makes the shindig like Bézu on underground rock? Behind the cheerful tone of the facade, Chafouin even allows himself sometimes to press where it hurts, as in En Silence, the central piece of this record where we are asked to end our last days without making too many waves. The residents of EHPAD will appreciate, especially at this moment… The laughter here is as yellow as the basses are saturated, the guitars tortuous, and the keyboard keys abrasive. Under the beach of the cover, the paving stones. Even cinder blocks.

In the what-the-fuck? category, Toufoulcan should thus remain durably in the memories thanks to an art of the zig zag which makes it possible to reconcile instrumental rock and song, Shellac and Philippe Katherine, Slint and the Little Rabbits (even Blur and Patrick Sébastien on La Foire d’empoigne?), the whole without ever needing to justify itself or blush. By doing so, Chafouin asserts itself as an essential group of this French-speaking hexagonal scene adept of mocking telescoping and stylistic tinkering of all kinds, from Tu Brüles Mon Esprit to Francky Goes To Pointe-à-Pitre, through the more frankly rock’n’roll Marilyn Rambo, of course. But beyond this large scene, we realize above all that all the potential of the project was in fact already summarized in its only name. Because depending on where you are in France, no one has ever really known for sure if the term ‘chafouin’ refers to sadness or sarcastic humor. Toufoulcan will not solve this mystery. He even thickens it, for the greatest pleasure of our ears.

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Tracklist :

A1 Pas Trop Vite 3:40
A2 Piano Assis 2:26
A3 Des Bras 3:52
A4 Dire Ouf 2:01
A5 Déterre 2:55
A6 This Eat 3:07
B1 En Silence 5:02
B2 Paindemie 1:59
B3 La Foire D’empoigne 2:50
B4 Post Post Rock 3:06
B5 Les Fous 2:58
B6 Tout Casser 2:22

Additional information

Weight350 g